Cet onglet est destiné à être développé en intégrant progressivement la parole et les expressions culturelles des diverses catégories de paysans du monde.

Cet onglet est destiné à être développé en intégrant progressivement la parole et les expressions culturelles des diverses catégories de paysans du monde.
En août-septembre 1956 paraît en France le premier numéro de la revue Paysans. L’éditorial s’intitule Construire la démocratie. Tout un programme. Le qualificatif de Paysans qui avait disparu en certaines régions fut de plus en plus adopté. Des gens qui se disaient agriculteurs dans les années 1950 et 1960 se qualifient aujourd’hui de paysans. Ce mot nous aide en fait à appréhender les réalités du monde actuel.
Dans le monde entier, le mot paysan ouvre des passerelles avec les peuples autochtones. Il va en France jusqu’à désigner les citadins qui s’investissent dans le travail des sols. C’est l’agriculture urbaine pouvant aussi être qualifiée de Paysans des villes. Entre ces deux extrêmes, ce mot désigne une partie de l’agrobusiness, le monde des salariés de l’agriculture, l’agriculture familiale, l’agriculture paysanne, les nouveaux entrants dans le monde agricole, … Le concept d’agriculture de jardinage se différenciant de l’agrobusiness pourrait regrouper une grande partie de ces entités.
Dans chacune des rubriques ci-dessous nous présentons une évaluation quantitative de chacune de ces entités. Nous mentionnons quelques enjeux. Nous présentons une illustration et quelques liens vers des sites présentant leurs problématiques. Nous sommes en recherche des expressions culturelles spécifiques à chacune de ces catégories
Le 13 septembre 2007, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, à savoir les populations qui maintiennent des liens culturels, spirituels et économiques avec leurs territoires ancestraux. Ils sont également appelés peuples indigènes. Il existerait selon l’ONU plus de 476 millions de personnes autochtones, réparties dans 90 pays et représentant plus de 5 000 groupes culturels distincts. Ils parlent la majorité des langues du monde et constituent environ 6,2 % de la population mondiale.
Les peuples autochtones ne sont pas des paysans au sens d’agriculteurs. Ils le sont si on élargit la définition du mot paysan aux personnes travaillant la nature pour leur subsistance.
Lors de la controverse de Valladolid (15 août 1550 au 4 mai 1551), la question débattue était de savoir si les indigènes étaient des êtres humains ou des animaux. Aujourd’hui, la question largement débattue est la suivante : qu’est-ce le monde a à apprendre de ces peuples pour surmonter la crise de notre modernité et face aux dangers écologiques majeurs ?
Photo : ONU Infos
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
Selon la définition de la FAO, l’agriculture familiale est un mode d’organisation de la production agricole, forestière, halieutique, pastorale et aquacole qui est gérée et conduite par une famille et qui repose principalement sur le travail familial, tant celui des femmes que celui des hommes et des enfants. L’exploitation agricole et la famille sont liées, évoluent conjointement et réunissent des fonctions économiques, environnementales, sociales et culturelles. Parmi les agriculteurs familiaux, on trouve les agriculteurs de montagne, les artisans pêcheurs, les pasteurs et les habitants des forêts, et plusieurs générations peuvent se retrouver dans une même exploitation familiale pour la gérer et y travailler (FAO, 2013).
Nous comptons en France environ 370 000 exploitations agricoles dont une grosse partie est qualifiée d’exploitations familiales. Selon les sources, il existe entre 500 millions et 608 millions d’exploitations agricoles familiales dans le monde, impliquant 2,6 milliards de personnes, dont 1,3 milliard d’actifs agricoles. Ces exploitations représentent l’écrasante majorité des exploitations agricoles mondiales, assurant environ 80 % de la production alimentaire mondiale en valeur. 83% des exploitations comptent moins de 2 hectares. A l’inverse, les exploitations de plus de 50 hectares représentent 1 % du total et couvrent plus de 50 % des terres agricoles.
Le nombre d’exploitations familiales décroît de façon continue, alimentant l’exode rural. Une partie des exploitations restantes évolue vers l’agrobusiness. Une autre partie vers diverses formes d’agricultures paysannes.
Au niveau mondial, ils sont représentés par l’Organisation mondiale des agriculteurs et par Via Campesina.
Photo : FAO
FAO – Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
FAO – Présentation de la Décennie des Nations Unies pour l’agriculture familiale
L’agrobusiness, ou agro-industrie, représente une partie spécifique et industrialisée du secteur agricole mondial. Il s’agit surtout des très grandes exploitations (plus de 1 000 hectares) qui occuperaient à elles seules près de 40 % des terres agricoles mondiales. Une partie des exploitations de plus de 50 hectares sont aussi classées dans cette catégorie. Il est difficile de qualifier de paysans les chefs de ces exploitations. Mais une partie d’entre eux, issus de la concentration de l’agriculture familiale, s’y réfèrent.
Au niveau mondial, il est représenté par l’Organisation mondiale des agriculteurs.
Photo : Les amis de la terre
Généralement oubliés dans les représentations de l’agriculture, les salariés y sont aujourd’hui plus nombreux que les agriculteurs exploitants.
En France, les salariés permanents étaient environ 273 000 en 2023. 25 % travaillaient directement dans les exploitations, le reste dans les organismes de services, coopératives, entreprises de travaux agricoles, etc. Il faut y ajouter environ un million de saisonniers, notamment pour les vendanges et la cueillette des fruits. Une forte proportion est immigrée et non déclarée. Le nombre exact est difficile à préciser en raison de la diversité des statuts : travailleurs détachés, saisonniers sous contrat spécifique, etc.
Au niveau mondial, ils sont représentés par l’Union syndicale internationale de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie.
Photo : Le Sillon
Les travailleurs agricoles et leur contribution à l’agriculture et au développement rural durables
Né dans les années 1990, le concept d’agriculture paysanne est issu du monde de l’agriculture familiale. Il est en France notamment porté par la Confédération paysanne qui revendiquait en 2023 environ 115 000 adhérents. Il est adopté par les ONG de développement réunies au sein du Comité français pour la solidarité internationale (CSFI).
En réaction contre les effets pervers du modèle de modernisation agrochimique de l’agriculture et intégrant les objectifs de développement durable, l’agriculture paysanne s’inscrit dans la recherche de nouveaux modèles de vie, de production, d’alimentation et de relations à la nature.
Photo : FADEAR
FADEAR : Pour l’Agriculture paysanne
Certaines organisations agricoles françaises les qualifient de Non issus du monde agricole (NIMA) ce qui prête à contestation car pouvant évoquer un réflexe de forteresse assiégée. Ce phénomène pouvant s’observer en divers pays est peu étudié. En France, il concerne aujourd’hui des gens ayant suivi un parcours professionnel dans d’autres secteurs économiques, ainsi que des jeunes à l’issue de leur parcours scolaire et universitaire.
Leur profil est varié : souvent en reconversion professionnelle, parfois issus de milieux urbains et de classes supérieures, ils cherchent à s’installer en agriculture par passion, par choix de vie, ou par volonté de contribuer à une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Ils représentent une part croissante des installations agricoles en France.
Photo : Ministère de l’Agriculture
En 1996, un rapport présenté par le PNUD à la Conférence Habitat 2 d’Istanbul estimait que l’agriculture urbaine concernait environ 800 millions de personnes dans le monde, dont 200 millions de façon professionnelle et 600 millions sous forme de jardinage des ménages. Cette activité a toujours joué un rôle important dans la sécurité alimentaire des villes, notamment en périodes de guerres et autres crises graves.
La FAO en fait un axe de réflexion depuis la fin des années 1990. Au Brésil le Président Lula da Silva en a fait dès 2005 un élément de sa lutte contre la faim. En France où elle est très peu développée, des associations commencent à utiliser le vocable de Paysans des villes. Les villes sont des acteurs de son développement.
Photo : ©Louiza Boukharaeva. Enquêtes en Russie. Kazan. 2010
FAO – Agriculture urbaine et périurbaine
Un clivage fondamental semble s’effectuer aujourd’hui entre le modèle agrochimique qui s’est développé depuis la Seconde Guerre mondiale et les autres modèles. Une riche diversité de pratiques anciennes et nouvelles se retrouve dans l’agroforesterie et autres modes de production des peuples autochtones, dans ce qu’il reste d’agriculture familiale, dans l’agriculture paysanne, chez les nouveaux entrants dans le monde agricole, dans les agricultures urbaines. L’autonomie alimentaire, les circuits courts, l’agrobiologie, l’attention à la régénération des sols, à la biodiversité, à la qualité de l’eau et de l’air, la revalorisation des semences traditionnelles deviennent des préoccupations majeures.
Une attention particulière se porte également sur la qualité des rapports sociaux, la convivialité, l’entraide, les expressions culturelles dans des fêtes, dans la musique, la danse.
Cette agriculture de jardinage concerne de fait plus de la moitié des paysans du monde actuel.


Les pieds dans la glaise et le regard scrutant les nuages, plus que nul autre, le paysan vit en symbiose avec la nature. Son travail, au rythme des saisons, l’amène à intervenir sur l’évolution des espèces animales et végétales qui l’entourent au quotidien. De leur compréhension et de leur respect, dépendront les récoltes. Car bien avant que le terme ne devienne à la mode, le paysan a toujours pratiqué une agriculture raisonnée. L’eau, la terre, le ciel et l’air, les quatre éléments définissent son terrain d’action. De leur équilibre et de leur maîtrise ou de leur soumission, dépend l’avenir de l’exploitation mais aussi de la Planète et de l’Humanité.
Voir la vidéo Table ronde animée par le journaliste NTV Eric Fauguet
Interview de la présidente, Jacqueline Bellino, sur le stand d’Agridemain Ecouter l’interview
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